Vivre de son blog voyage nouvel eldorado

Le métier de blogueur voyage, on en parle de plus en plus souvent à la télévision et que ce soit sur TF1, France 2, LCI ou M6, il est présenté comme un nouveau mode de vie, un nouvel Eldorado. Qu’en est-il réellement ?

Alors, vivre de son blog voyage, est-ce viable ?

Pour savoir si ce nouveau mode de vie est viable il faut savoir quel en serait l’impact si la majorité des gens vivaient de cette manière.

Que se passerait-il si la majorité des gens devenaient nomades, vivaient de leur blog, comme les blogueurs professionnels aiment le souligner, loin des standards de la société ?

Pour y répondre il faut comprendre comment sont rémunérés les blogueurs.

Comment un blogueur voyage gagne-t-il sa vie ?

Pour cela plusieurs solutions :

  • Afficher de la publicité sur son blog et générer des revenus grâce au trafic : cette solution n’est plus vraiment utilisée car elle ne rapporte pas beaucoup d’argent, ennuie les visiteurs avec des publicités pas toujours judicieuses et perds de son intérêt dû à l’utilisation de plus en plus grande, et justifiée, des bloqueurs de publicité.
  • L’affiliation : solution beaucoup plus usitée. Le blogueur touche un pourcentage lorsque vous achetez un produit ou un service par le biais de son blog.
  • Les livres blancs : ce sont des livres numériques de qualité très variable vendus à des prix tout aussi variables dans le but de vous partager un savoir faire dans un domaine précis. Beaucoup de blogueurs pro en proposent.
  • Les conférences : certains blogueurs voyage influents organisent des conférences censées délivrer tous les secrets du métier.
  • Les articles sponsorisés : c’est, de loin, la solution privilégiée des blogueurs professionnels. Ils sont invités à écrire un article suite à un blog trip ou à évaluer un produit ou un service qu’ils auront eu l’occasion d’essayer.

On le voit, pour vivre de leur passion, les blogueurs voyage sont réellement dépendant des acteurs du tourisme.

La dépendance des blogueurs professionnels vis à vis des acteurs du tourisme

Les revenus des blogueurs sont conditionnels à la performance, c’est à dire à la capacité qu’ils auront d’influencer le consommateur pour lui donner envie de découvrir de nouvelles destinations ou de nouveaux produits. Qu’arrive-t-il si le blogueur voyage émet un avis sincère mais négatif ? Pensez-vous que ses clients lui accorderont encore de la confiance et de nouveaux contrats ?

Les blogueurs voyage peuvent avoir plusieurs clients mais il n’ont qu’une seule vraie source de revenus : leur blog. Une mauvaise presse et s’en est fini ! Au final l’auteur d’un blog voyage est fortement dépendant de ses clients, peut-être même plus qu’un employé vis à vis de son patron car le fait d’écrire un article négatif s’apparenterait, pour le blogueur, à une faute grave dans le milieu du travail, passible d’un licenciement qui serait rendu public dans le cas du blogueur…

Pour résoudre ce problème, certains blogueurs ont même décidé de n’aborder que les points positifs et de faire abstraction du négatif.

Analysons maintenant les consommateurs, autre pierre angulaire du métier de blogueurs.

Qui sont les consommateurs des blogs voyages ?

Parfois d’autres auteurs de blogs voyage et des amoureux du voyage. La plupart du temps des voyageurs intermittents, des sédentaires, comme aiment à les qualifier les émissions télévisées, qui travaillent et profitent des quelques semaines de vacances offertes par leur emploi. Ceux là mêmes desquels les blogueurs souhaitent se distancer.

Alors pour en revenir au 1er point, si une majorité de personnes venait à exercer ce métier :

  1. Il y aurait une forte concurrence qui ferait fondre les revenus des blogueurs existants. On constate d’ailleurs déjà une forte augmentation des blogs voyage sur internet. Les émissions citées précédemment n’étant pas étrangères à ce phénomène.
  2. On se retrouverait avec des évaluations de moins en moins sincères car, concurrence oblige, il deviendra impossible de donner un avis mitigé sur une destination ou un produit sous peine de perdre son moyen de subsistance.
  3. Enfin, avant d’atteindre le point de saturation, il y aurait de moins en moins de consommateurs et ce serait donc beaucoup moins avantageux pour les acteurs du tourisme de faire appel aux blogueurs.

Non être blogueur voyage n’est pas un Eldorado et non vous ne deviendrez pas indépendants et libres en exerçant ce métier. Vous emprunterez juste, peut être temporairement, une nouvelle voie avec ses avantages et ses défauts.

Bref, pourquoi voir la vie en noir ou blanc ?

D’un côté les sédentaires, de l’autre les nomades, d’un côté les touristes, de l’autre les voyageurs. Ne pourrions-nous simplement pas admettre qu’il n’y a pas une seule façon de vivre ? Et certainement pas une meilleure façon de vivre. Après tout c’est plutôt subjectif. Certains voyagent sans jamais avoir quitté leur pays.

Ça me rappelle cette homme que nous avions rencontré à Cuba. Il n’avait jamais quitté son île et pourtant il était capable de situer la plupart des villes de France bien mieux que je n’aurais été capable. Chose qu’il avait apprise dans les encyclopédies et avec son imagination. C’était sa manière à lui de voyager…

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Régis
Régis, est un écologeek. Un travailleur acharné qui ne lève les yeux de son pc que pour communier avec la Nature, s’occuper amoureusement de son jardin et de ses animaux.

4 COMMENTAIRES

  1. Merci pour cet article, pour mon blog j’ai choisi l’option pub, en me limitant à 3 pubs, je sais que c’est le choix le moins rentable, mais au moins je reste libre de ce que j’écris – pour ceux qui se pose la question, sur mon blog: 3 pubs adsence = environ 1€/1000 pages vues

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