Blues du retour : la gueule de bois du voyageur

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Tous les voyageurs ont ressenti un jour la nostalgie du retour, ce déchirement intérieur, cette déprime qui nous saisit, aussi puissante que l’excitation que l’on ressentait avant notre départ. C’est ce que j’appelle avec beaucoup d’élégance la gueule de bois du voyageur.

Quand la routine n’existe plus, que la vie devient un terrain de jeu et de découverte, quand tous les sens sont en alerte, quand l’émerveillement et l’étonnement rythment nos journées… revenir est une crucifixion. La fête est finie, les couleurs ont terni, la routine nous rattrape et avec elle son lot d’obligations, de faux-semblants, de compromis en attendant la prochaine libération.

Revenir donne mal au ventre, mal au cœur, mal à l’âme. Qui suis-je, où vais-je et quel est le sens de la vie? À chaque retour, je me sens comme une enfant blessée, perdue, révoltée.

C’est peut être que le voyage est une drogue dure dont le sevrage est difficile.

C’est peut être que la routine est un anesthésiant puissant et que mon être tout entier se rebelle, lutte pour échapper à l’asservissement, pour continuer à vivre le rêve, encore et toujours.

C’est peut être qu’une fois que l’on a goûté la vraie saveur de la vie, on ne souhaite plus revenir à l’insipidité du quotidien.

C’est peut être que le retour est un mal nécessaire et inévitable, car où que l’on soit le besoin d’ailleurs est le plus fort. Un appel irrépressible qui vainc notre volonté et qui nous oblige à revivre sans cesse cette douleur éphémère.

C’est peut être que le retour est un deuil que seuls le temps et l’expérience nous aident à panser.

C’est peut-être que l’obscurité est plus intense quand on a connu la lumière.

En attendant de revoir la lumière, il y a l’Art, l’Amour et les Rêves.

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