Montréal - Parc Jeanne Mance - Skyline

Je pourrais être intarissable sur Montréal, ma ville d’adoption depuis 2009. J’ai abusé de ses festivals, j’ai usé les sièges de ses salles de spectacles et les étagères de ses bibliothèques, j’ai arpenté ses rues, de long en large, à pied, en métro et à vélo. Chaque fois c’est un coup de foudre, chaque fois je la redécouvre sans me lasser. Cette ville a conquis mon cœur. Entre Histoire et street art, découvrez MONtréal. Attention, l’essayer c’est l’adopter!

Quand dépareillé rime avec beauté cachée

Comme le dit si bien Grand Corps Malade : « Montréal c’est un peu n’importe quoi Y’a du vieux, du neuf, des clochers, des gratte-ciel qui s’côtoient. »

C’est vrai que, selon les standards de beauté traditionnels, Montréal n’est peut-être pas une belle ville. Elle peut-être incohérente et désordonnée, mais c’est justement cette diversité des styles qui fait le charme de cette métropole. D’une façade à l’autre, on passe du coq à l’âne, de l’indigence à l’opulence, de l’élégance à la vulgarité, on traverse les époques, les pays, les genres. Elle vit, elle change, elle surprend, elle intéresse, c’est là sa vraie beauté. En parcourant ses rues, on ne s’ennuie jamais.

Dans le Vieux Montréal, les anciens bâtiments de la nouvelle France contrastent avec les silos à grains désaffectés du vieux port ou avec l’avant-gardiste Habitat 67 de l’autre côté du fleuve.

En centre-ville, les églises victoriennes se reposent à l’ombre des gratte-ciel. La pierre et le verre se mélangent harmonieusement. Sur l’ancienne Red light, les vieilles façades s’encanaillent avec les enseignes lumineuses des sex-shops et des salons de strip-tease… Souvenirs d’un temps où la Sainte-Catherine n’était pas si sainte que cela!

Coincé entre le Vieux et la Place des arts, le modeste quartier chinois libère ses arômes d’épices du Yunnan. En s’éloignant du centre-ville, l’architecture de Montréal reprend taille humaine. Les gratte-ciel cèdent la place aux authentiques petites maisons en brique ou en pierre.

Et que dire de ses habitants qui sont au moins aussi contrastés et exubérants que son architecture, de la femme d’affaires à l’itinérant.

L’âme de Montréal

Que serait Montréal sans ses escaliers extérieurs? Véritable emblème de l’urbanisme Montréalais, on les retrouve dans tous les quartiers… et sur toutes les cartes postales. Pour moi, ces escaliers en fer forgé appartiennent au patrimoine de la ville. On ne se lasse pas d’admirer les courbes de ces dames de métal. Pourtant, ces derniers temps, nombreux sont les propriétaires qui remplacent ces magnifiques ouvrages par des structures en aluminium blanc, bien plus faciles d’entretien mais sans caractère. C’est un véritable crime contre la personnalité de cette ville!

Autre symbole de la ville, le vénérable Mont-royal, notre modeste montagne. C’est le poumon de Montréal. On s’y balade, été comme hiver, à pied, à vélo ou en skis. Les plus sportifs courent dans ses sous-bois pendant que les promeneurs grimpent à son sommet pour observer le magnifique panorama de la ville. De l’autre côté, les allées tranquilles et ordonnées du cimetière dévalent le flanc du Mont-Royal jusqu’au quartier Côte-des-Neiges.

Si j’adore parcourir les rues de Montréal à pied, c’est parce qu’il y a toujours quelque chose à découvrir dans ce laboratoire urbain en perpétuelle effervescence. J’aime me laisser surprendre par le street-art qui se dévoile au hasard des rues. Les murales de Montréal sont incontournables pour comprendre le dynamisme et l’originalité de cette ville. Plusieurs festivals et organismes mettent le travail des graffeurs en lumière: le festival Mural sur le boulevard Saint Laurent, le Festival Under Pressure sur la rue Sainte Catherine et le collectif MU pour ne citer qu’eux. Grâce au talent de tous ces artistes, Montréal est une véritable galerie d’art à ciel ouvert, ludique, créative et sans cesse renouvelée. Gardez les yeux bien ouverts!

Voilà, à mon avis, ce qui fait l’âme de cette ville atypique et dégantée que j’adore.

Il n’y a pas que le plateau dans la vie!

De tous les quartiers de Montréal, ce sont le Plateau et le Mile End qui sont les favoris des expatriés français. C’est vrai que leur atmosphère bobo et alternative est agréable.  J’y ai vécu trois ans et j’ai beaucoup apprécié leurs commerces de proximités, leurs bars et cafés sympas, leurs petites boulangeries artisanales.

Mais Montréal, c’est plus que le Plateau. C’est un patchwork de communautés, un voyage autour du monde à elle seule. Chaque arrondissement a sa propre personnalité et mérite d’être découvert.

Avec ses allures de bourgeoise victorienne, Westmount offre une balade dépaysante pour la francophone invétérée que je suis.

Notre-Dame-de-Grâce et Côte-des-Neiges (NDG-CDN pour les intimes) sont deux quartiers bien contrastés qui cohabitent dans le même arrondissement. C’est dans cet arrondissement multiculturel et universitaire, tantôt populaire, tantôt chic, que se trouvent l’Oratoire Saint Joseph, le Mémorial de l’Holocauste, l’Université de Montréal et l’avenue Monkland, une artère commerçante bohème où il fait bon flâner.

Quand nous sommes arrivés à Montréal, il y a 7 ans, nous avons élu domicile dans l’arrondissement de Rosemont-La Petite Patrie. Nous sommes restés un an dans ce secteur populaire et animé d’une belle vie de quartier. La Promenade Masson est une rue commerçante agréable.  Le Cinéma Beaubien, un des rares cinémas indépendants de la ville, permet de s’immerger dans la culture locale en découvrant les films québécois à l’affiche. Le Marché Jean Talon est une excellente transition gastronomique entre ce quartier, jeune et francophone, et son voisin multiculturel, Villeray.

Villeray-Saint Michel-Parc extension possède la plus grande concentration de population immigrante de l’île. Ses communautés indiennes, latines, africaines, vietnamiennes et antillaises font de l’arrondissement une véritable tour de Babel, idéale pour découvrir les saveurs du monde. La Tohu, cité des arts du Cirque, est incontournable pour les amateurs de créations circassiennes originales.

Au sud-est, Hochelaga-Maisonneuve (HOMA), qui a longtemps été parmi les plus défavorisés, commence à se développer. Autour de la charmante Place Valois, de nouveaux commerces voient le jour et donne une âme à ce coin longtemps délaissé. Pourtant les attraits du quartier ne manquent pas et amènent son lot de visiteurs : marché Maisonneuve et le parc éponyme, le jardin botanique, le parc olympique, le planétarium, le biodôme

Entre HOMA et le centre-ville, le quartier centre-sud compte beaucoup de créateurs, de troupes de théâtre expérimentales et d’organismes communautaires. Le pont Jacques Cartier est l’emblème du faubourg. Ce secteur, pauvre, se développe tranquillement autour de la bibliothèque Frontenac et plus à l’ouest vers le marché Saint-Jacques et le quartier gay.

À l’ouest du centre-ville, deux arrondissements populaires gagnent en importance et en vitalité. Sud-Ouest et Verdun, où nous résidons depuis plus de 2 ans.  Ce qui fait la particularité de ce coin qui change vite : les usines réhabilitées en appartements branchés, le marché Atwater, les petits commerces de proximités qui poussent comme des champignons, le Canal Lachine et surtout les pistes cyclables. Ce que j’aime par-dessus tout à Verdun, c’est l’agréable piste verte qui longe les berges du Fleuve Saint-Laurent jusqu’aux Rapides de Lachine, traverse les villes résidentielles de Lasalle et Lachine, rejoint le Canal ou continue vers la pointe ouest de l’île. Un véritable paradis pour les amoureux de la petite reine!

Il y aurait encore beaucoup à dire sur cette île aux multiples visages où l’on se sent naturellement chez soi. Alors, vous êtes convaincus que Montréal est la plus belle ville du monde?

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Mathilde
Née en France et expatriée depuis 2009 au Québec, Mathilde est une rêveuse, passionnée par la culture, l’environnement et la gastronomie. Quoi de mieux que le voyage pour assouvir toutes ses passions à la fois !

3 COMMENTAIRES

  1. Je RÊVE de découvrir Montréal. C’est étrange, je n’ai aucune raison tangible pour cet attrait. Mais en tout cas le portait que tu montres de cette mégalopole nord américaine confirme mes envies de voyage (expatriation ?) vers cette région 🙂 La nature, le froid, mais quand même les quatre saisons, la mentalité… Peut-être suis-je en train de me faire une fausse impression, mais globalement je pense que c’est un endroit dans lequel je pourrais me sentir bien. En tout cas pour toi, ça à l’air d’aller, vu le temps que tu as passé là-bas désormais 🙂

    • Il n’existe aucun ville, ni aucun pays au monde parfait à 100%. Mais si tu sais voir la beauté partout et le positif alors tu aimeras Montréal, c’est certain!

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